ATHLÉTISME : Oordegem et Forbach ouvrent la saison, les performances pleuvent

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Ce dernier week-end de mai marquait le début de la saison compétitive post-Interclubs. Bon nombre d’athlètes ont concouru samedi 25 et dimanche 26 mai et de nombreuses performances encourageantes ont été enregistrées. 

L’IFAM d’Oordegem 

L’International Flanders Athletics Meeting d’Oordegem a comme chaque année tenu toute ses promesse. Située entre Bruxelles et Gand, la ville a été le théâtre de grandes performances, une année de plus. Les amiénois n’ont pas fait exception et ont représenté avec brio leurs couleurs en terre belge.

Le sprinteur Paul Tritenne a d’abord effectué une rentrée assez timide sur la ligne droite signant 11″01 (IR1), avec un léger vent de face (-1,3 m/s) et un échauffement compliqué par la pluie. Aligné dans la suite de la soirée sur le 200 mètres, la série du junior partait finalement avec seulement trois hommes au départ. Dans des conditions plus favorables il réalise 21″63 (N3), sa meilleure marque de la saison.

La perchiste Femke Pluim a quant à elle remporté le concours de saut à la perche féminin franchissant une meilleure barre à 4m20 (N1), elle avait réalisé 4m30 et 4m40 lors des deux tours Interclubs.

Gauthier Cascales lors du second tour Interclubs à Lens

Sur 400 mètres, les camonoises ont réalisé des performances encourageantes. Inès Duparcq a d’abord battu son record de plus d’une seconde parcourant le tour de piste en 58″89 (IR1), juste devant Sarah Ragi en 59″56 (IR2). Pour poursuivre chez les jaunes et noirs, il faut noter les 3’55″47 (IR1) sur 1500 mètres de Vincent Visbecq (nouveau record personnel).

Les spécialistes du 800 mètres masculin n’ont pas été en réussite. Le camonois Gauthier Cascales, parti rapidement n’a pas pu limiter les dégâts en fin de course. Il réalise 1’56″29 (IR1), loin de ses standards habituels. Le sociétaire de l’AUC Johan Pineda a quant lui été pris dans une chute mais a tenu à terminer au courage.

Charlotte Mouchet signe la performance de la soirée côté amiénois

Sur la même distance, les féminines ont en revanche brillé. La juniore Najoua Mandour d’abord avec 2’14″96 (N4), à un peu plus d’une seconde de son record personnel. Charlotte Mouchet ensuite, s’imposant dans la série B mais remportant le meeting compte tenu d’une série A finalement plus lente. L’amiénoise boucle la distance dans un temps record de 2’02″85 (N1), un soulagement.

C’est beaucoup plus du soulagement que du contentement

Quel est votre ressenti sur cette course ? Comment l’avez-vous vécue ? 

C’est beaucoup plus du soulagement que du contentement. Ces trois dernières années je n’ai pas couru à mon potentiel physique. Cela fait deux ans qu’une performance de moins de 2’03 aurait du sortir. C’est la preuve que le côté psychologique et mental est à part égale avec le côté physique. La semaine dernière j’ai fait 2’12 aux Interclubs et ce n’était pas une course tactique (rires). Je suis vraiment soulagé parce que le travail que je mets en place en préparation mentale porte ses fruits. Je ne sais pas à quand remonte la dernière fois que j’ai eu ce flow, cette totale concentration. Être dans l’instant présent, pouvoir rivaliser. On sait très bien que le 800 mètres c’est en général une belle explosion à la fin et là ça n’a pas du tout été le cas. J’ai vraiment pris mon pied d’être à la bagarre. 

Quatre centièmes d’écart entre 2’02″85 pour vous contre 2’02″89 pour la deuxième, c’est une fin de course particulièrement disputée.

C’était vraiment  très serré. Quand on peut jouer cela inhibe, on ne sent pas la douleur. Quand on cherche à faire quelque chose ou que l’on résiste on se bat contre quelque chose de difficile. Là je ne pensais à rien hormis le fait de gagner la course, d’être placée et focus sur ma manière d’être. C’est un plaisir de retrouver cela, ça m’a redonné goût à l’athlétisme parce que quand on fait 2’12 avec un record en 2’03 ça fait mal (rires). 

L’italienne Eleonora Vandi a tenu tête à l’amiénoise jusqu’au bout

Cela fait quatre fois que votre record est battu à Oordegem. 2’04″61 puis 2’03″50 en 2017, 2’03″04 en 2018 et donc 2’02″85 en 2019. Il y a quelque chose de particulier là-bas ? 

C’est un meeting où l’on vit l’athlétisme

En Belgique on peut vivre l’athlétisme comme n’importe quelle personne qui s’inscrirait. C’est le plaisir de courir et seulement ça. Il n’y a pas de chambre d’appel, pas de présentation, d’individualités. Les courses sont pour jouer à l’athlétisme. Ce côté où il n’y a pas de stress extérieur permet de pouvoir se déployer au maximum et vivre l’instant présent. C’est ce que j’adore là-bas. C’est un meeting où on vit l’athlétisme. Maintenant que j’ai 2’02 en poche et peut-être moins au fil de la saison, je pourrais rentrer en course A l’année prochaine. C’est toujours un plaisir de pouvoir se confronter avec des filles comme Büchel (ndlr : athlète suisse, double championne d’Europe en salle qui a couru dans la course A). On peut se retrouver avec des champions, du Monde, d’Europe ou du quartier mais c’est ce qui fait la beauté d’Oordegem.

Qu’est ce qui est prévu pour la suite de la saison ? 

Je vais repartir sur un cycle de deux semaines d’entraînement. C’est ce qui est agréable quand on performe dès la rentrée. On ne cherche pas la réalisation d’un minima ou d’une performance qui permette de rentrer dans de gros meetings. Le niveau français sur 800 mètres féminin a augmenté et pour rentrer dans des compétitions en France cela devient difficile. Cette performance permet de repartir à l’entraînement sereine en sachant que j’ai ma place dans de belles courses. La suite je ne la connais pas vraiment. Je vais pouvoir refaire de bonnes séances spécifiques à l’entraînement et choisir des compétitions au mieux. 

Je souhaite remercier le club pour son soutien. On redescend en Elite B mais notre place est vraiment en Elite A. C’est un club convivial, attachant et particulièrement à l’écoute de ses athlètes. Je pense que cela fait vraiment la différence par rapport à d’autres clubs. C’est un réel plaisir de pouvoir porter leurs couleurs. J’aimerais rester le plus longtemps possible à leurs côtés. 

Meeting Elite de Forbach

Le dimanche 26 mai, se tenait le meeting de Forbach. La deuxième étape du circuit élite fédéral a vu quelques sociétaires de l’AUC s’aligner.

Au triple-saut, Rebecca Moustin-Aubatin a établi sa meilleure marque extérieure avec 12m60 (N2). Elle est ainsi toute proche de son record personnel de 12m66 réalisé en salle. Rebecca se positionne donc aux bilans français : elle figue sixième et leader des espoirs première année.

William Aubatin lors du premier tour Interclubs à Amiens

Dans le concours de saut en hauteur, William Aubatin a d’abord effectué un concours parfait. Passant 1m90, 1m95, 2m00 et 2m05 à chacune de ses premières tentatives il n’a finalement pas été en mesure de passer 2m10. Avec 2m05 (N4), il se classe quatrième du concours. Il aura a cœur de faire bien mieux dans les semaines à venir. Par ailleurs, sur le 110m Haies, Benjamin Sédécias a d’abord été chronométré en 14″08 en série avant de faire bien mieux en finale avec 13″86 (N2). Il s’y incline d’un petit centième face à Dimitri Bascou.

Une sortie qui va m’apprendre beaucoup pour la suite

Enfin sur le tour de piste, l’international français Thomas Jordier s’est classé troisième. Il réalise son premier chrono de l’année sous les 47″ avec 46″75 (N2). “J’avais de supers sensations. Je suis parti un peu trop vite et je le paye dans le dernier 100 mètres. Au 320 mètres je suis encore premier mais je sais que ça va être dur de tenir le rythme et normalement c’est mon point fort. C’est dommage mais c’est une sortie qui va m’apprendre beaucoup pour la suite“.

 

Propos recueillis par Vincent Guyot

Crédits Photos : Benjamin Fauvergue / GazetteSports – Léandre Leber

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