K-1 : Maeva Bourbier, une découverte enrichissante de l'Europe

La semaine passée, Maeva Bourbier était avec la délégation française pour participer au Championnat d’Europe Universaitre de K-1. Le parcours de la jeune femme s’est arrêté en quart de finale face à une Polonaise, championne du monde en titre.

C’est donc à Zagreb, en Croatie, que Maeva Bourbier découvrait pour la première fois les joies de la sélection française (universitaire) au cours d’une compétition internationale. Un championnat d’Europe de très haut niveau, comme le confirme la jeune combattante de l’ASC Boxe Française : « On était dans une poule avec 9 filles très fortes et pour mon quart de finale je devais affronter une Polonaise. Elle était championne du monde de K-1, médaillée de bronze en Kick-Boxing et elle avait une ceinture de boxe anglaise, donc un bon gros morceau… »

Pour quelques points…

Après avoir passé la pesée le mercredi, la jeune championne amiénoise affrontait donc la Polonaise, le lendemain, en quart de finale, sans complexe : « Je n’ai pas eu d’appréhension par rapport à mon adversaire, je me suis dit que je n’allais juste pas y aller et boxer « bourrin ». J’avais regardé ses combats et je savais qu’elle boxait en statique pour contrer. »

Entouré par les autres boxeurs de la délégation française, Maeva Bourbier a mis sa tactique en place, mais s’est tout de même inclinée à l’issue du combat : « J’ai essayé de marquer des points, de contrer, j’ai utilisé des déplacements de boxe française, j’ai tourné, j’ai fait de mon mieux, après la décision des juges je ne peux pas contester. Je perds de vraiment très peu, 2-3 points.« 

Une défaite mais une détermination intacte

Au final, face à l’un des plus gros morceaux de la compétition, la combattante amiénoise ne s’est inclinée que pour très peu de chose. Maeva Bourbier retirait d’ailleurs de nombreux points positifs de ce séjour croate : « C’était vraiment une bonne expérience, personnellement ça m’a enrichi, ça m’a fait prendre en maturité, ça m’a vraiment fait du bien de boxer à un si haut niveau. Au moins là, je sais que j’ai le niveau international, que je peux combattre à ce niveau.« 

À seulement 19 ans, Maeva Bourbier continue de s’aguerrir, et il ne fait aucun doute qu’elle fera parler d’elle dans un futur proche, en K-1, Boxe Thaï ou en boxe française…

Quentin Ducrocq

Crédits photos Leandre Leber Gazettesports.fr

MUAY THAI : Maeva Bourbier, entre promesses et ambitions

MUAY THAI : Maeva Bourbier, entre promesses et ambitions

Championne de France universitaire de boxe thaïlandaise en mars dernier, Maeva Bourbier participera avec l’Equipe de France, aux championnats d’Europe de K-1 le 3 août prochain, à Zagreb. Entretien avec une championne ambitieuse. 

Bonjour Maeva, peux-tu te présenter, nous parler de ton parcours ?

Je m’appelle Maeva Bourbier, j’ai 19 ans, et je suis étudiante à la fac, l’an prochain en science humaines et sociales. À 15 ans j’ai fait une séance d’essai de la boxe au Coliseum et ça m’a tout de suite plu. Mohammed Oudji avait alors « repéré quelque chose en moi », et j’ai commencé chez lui en boxe française quelques semaines plus tard.  

J’ai alors fait une année d’assaut et tout de suite après cette année j’ai fait une saison en combat. Ensuite j’ai fait un combat de découverte du « K-1 » en Angleterre, une discipline super rapide qui vient du Japon. J’ai donc fait ce combat et ça m’a beaucoup plu, et j’ai alors décidé de m’orienter vers la boxe thaïlandaise à mes 17 ans.

Pourquoi avoir choisi la thaï  ?  

La boxe thaï m’a tout de suite séduit grâce au combat en K-1 en Angleterre où je m’en étais bien sortie malgré mon peu d’entraînement. On m’a toujours conseillé de commencer par la boxe française, afin d’avoir des bases avant de me diriger vers la thaï. C’est donc ce que j’ai fait. 

« Je n’étais pas du tout branché boxe, plutôt danse, zumba… »

Tu as donc commencé les sports de combats à 15 ans, comment en es-tu arrivée à t’orienter vers ces disciplines ?

À ce moment là je n’étais pas du tout branchée boxe, plutôt danse, zumba… J’avais fait du football avant, mais pas de sports individuels. Après ma 3ème, mon père m’a dit : « Si tu veux j’ai des appareils de musculation, on peut en faire un peu, ça va te défouler ». J’ai commencé par ça, et après il m’a dit : « Maeva il y a des cours de boxe française au Coliseum, je peux t’inscrire si tu as envie », et j’ai dit oui. C’est comme ça que c’est parti et ensuite c’est monté crescendo.

Quelles sont les grandes différences entre la boxe française et la boxe-thaï ?

En thaï c’est plus « rentre dedans » on va dire, on a le droit à des coups que l’on a pas le droit en française, avec les coudes, les genoux et les tibias aussi. En française on est plus sur un travail de distance et de remise.

Quelle est ta fréquence d’entraînement aujourd’hui ? 

Environ 4 fois par semaine.

As-tu un coup favori ?

C’est le low kick, aussi simple que cela.

Selon toi, quelles sont les capacités nécessaires pour faire de la thai ?

Il ne faut pas avoir peur de prendre des coups

Déjà il faut avoir un gros mental, car les entraînements sont assez compliqués, c’est une autre méthode de travail que la française. En française on est plus sur du déplacement, de la technique, de la  rapidité et de l’explosivité. La thaï c’est un sport complet qui demande beaucoup de puissance. Je dirais aussi que pour aller dans ce sport là il ne faut pas avoir peur de prendre des coups !

C’est également un milieu où il faut savoir s’imposer…

Selon moi il faut être capable d’en faire un peu plus, enfin moi je fonctionne comme ça. C’est à dire que si tu veux avoir le respect tu dois être capable de montrer de « quel bois tu te chauffes ». Il faut montrer plus que les autres, ça fait partie du caractère aussi.

Pour parler de ton actualité, le 3 août prochain tu vas disputer les championnats d’Europe de K-1 à Zagreb avec l’équipe de France. Peux-tu nous parler de cette sélection ?

J’avais gagné les « France » universitaires en mars dernier et des sélectionneurs de l’Equipe de France étaient présents. Tout de suite après mon 2ème combat, un entraîneur de l’Equipe de France est venu me parler et m’a demandé si j’étais intéressée par la sélection, j’ai dit oui tout de suite, forcément ! 

C’était une surprise pour toi ?

Je savais qu’ils allaient être là, donc je me disais que je n’avais pas le droit à l’erreur. J’étais préparée pour cet événement. 

« Je sais que je suis bien préparée »

Cela te mets une pression différente que d’être en Equipe de France et de disputer une compétition européenne ? 

Non, j’y vais dans la même optique que d’habitude c’est juste que là, il va falloir monter le niveau car c’e sont quand même les Europe. Mais j’ai travaillé pour y aller car c’était mon but initial, les France n’étaient qu’une étape. Moi je savais qu’il y avait les Europe derrière, c’est pour ça que j’ai tout fait pour gagner aux France. Je me dis que participer aux Europe sera une bonne expérience, j’y vais tranquille, je sais que je suis bien préparée.

Être championne du monde de boxe thaï, c’est un objectif ? 

Ah oui et pas que dans la thaï ! En K-1 aussi, en kick boxing également, je vois loin…très loin.

Te fixes-tu un calendrier par rapport à ces objectifs ?

Ça va dépendre des échéances qui vont arriver. Je m’adapterai en fonction des opportunités et du calendrier.

As-tu un modèle ?

J’en ai pleins en fait, en thaï et K-1 c’est Anissa Meksen chez les femmes et Buakaw Banchamek chez les hommes. Sinon je dirais que My Tyson est inspirant. 

Propos recueillis par Quentin Ducrocq

Crédits photos Leandre Leber Gazettesports.fr

ACTU : Les grands espoirs se rencontrent