BILLARD : Le blackball, des bars aux gymnases

Longtemps dans l’ombre des autres variantes de billard ou relégué dans les bars, le blackball trouve peu à peu sa place.

Tous les parties prenantes que vous croiserez à une compétition de blackball dépendant de la Fédération Française de Billard (FFB) vous le diront, l’ère du billard anglais pratiqué dans les bars est révolue, considérez-les comme des sportifs. Car l’histoire récente du blackball est bien celle-ci, celle d’un éloignement vis-à-vis de cette ancienne façon de le pratiquer et de l’AFEBAS, la fédération qui le régissait.

Et la quête de respectabilité passe par de la rigueur et du sérieux. Exit donc la consommation d’alcool dans la salle où se pratique la compétition. Finies également les fantaisies vestimentaires. Si sur un tournoi régional, les polos aux couleurs des clubs font loi, au niveau national, la tenue est encore plus stricte, et le nœud papillon de rigueur. Pas question non plus prendre la compétition à la légère et de n’y venir que lorsque cela vous arrange. Si la première sanction pour une absence à un tournoi régional est l’encaissement du chèque de caution de 150€ versé en début de saison, la seconde absence de la saison de Dunkerque 2, ce week end à Amiens, lui a valu de provoquer la foudre des organisateurs et sa disqualification du championnat par équipes.

Un développement rapide mais semé d’embûches

Si cette sévérité pourrait sembler rebutante, la reconnaissance de cette activité comme un sport à part entière attire. Pour preuve, alors que l’Amiens PB ne comptait que 5 membres il y a 3 ans dont le seul Richard Dussort comme joueur de billard anglais, le club dénombre désormais environ 40 licenciés, dont 18 inscrits sur les compétitions de blackball. Et alors que l’APB est capable, cette saison, d’aligner trois équipes, une quatrième est fortement pressentie pour la saison à venir.

Mais tout cela ne doit pas faire oublier que le blackball reste un petit sport pratiqué par des amateurs et organisé par des bénévoles. Ainsi, lorsque qu’une compétition doit être organisée, c’est trois mois à l’avance qu’il s’agit de s’y prendre, trois mois d’investissements intenses pendant lesquels trouver une salle n’est pas une mince affaire. Richard Dussort, président de l’APB, nous expliquait ainsi la nécessité de trouver une salle chauffée et la difficulté pour y parvenir. Dans le cas du dernier tournoi amiénois, la confirmation de la tenue de la compétition au gymnase Jean Bernaud n’est parvenue qu’après le tournoi précédent, soit moins de trois semaines en avance. Un délai insuffisant, par exemple, pour solliciter les écoles pour l’après-midi du vendredi, dédiée à l’initiation, pouvant permettre d’attirer un nouveau public.

Un sport aux multiples atouts

Car à écouter les pratiquants, les jeunes publics sont une préoccupation importante dans cette réorganisation de leur sport. Ainsi, un joueur avancera qu’un des intérêts du changement d’environnement et, notamment, l’interdiction de l’alcool est un facteur important pour inciter les parents à amener leurs enfants au billard. Une autre ira plus loin, avançant que le blackball est un sport idéal pour les enfants, leur permettant de travailler leur concentration (et nous avouant que cet aspect ne se limite pas aux plus jeunes), leur esprit et leur habileté manuelle.

C’est en effet un discours qui revient dans toutes les bouches, la force du blackball est d’allier de nombreux savoirs-faire. Si l’aisance technique et le sang-froid sont indispensables, il est également nécessaire d’avoir des notions de géométrie pour anticiper les déplacements des billes. Mais plus unanimement encore, et c’est tout à fait visible pour qui y assiste, l’analogie qui revient dans toutes les bouches est celle avec les échecs. Car pour gagner, il ne s’agit pas seulement de taper, il s’agit de toujours avoir un ou plusieurs coups d’avance.

C’est donc fort de ces différentes facettes que le blackball entend attirer de nouveaux licenciés et poursuivre son développement.

Morgan Chaumier

Crédits photo : Romain Gambier – Gazettesports

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BILLARD : Deux finales, pas plus

BILLARD : Deux finales, pas plus

Si l’Amiens Picardie Billard a réussi à placer deux joueurs en finale, Bertrand Verbauwhede et Gilles Galland se sont inclinés lors de leur finale respective.

Dans la catégorie mixte, appelée aussi  »Toutes catégories » et rassemblant tous les joueurs et joueuses, trois Amiénois, Richard Dussort, Guillaume Pestana et Gilles Galland ont accompagné le futur finaliste Bertrand Verbauwhede en 1/8ème de finale. Ce dernier est toutefois le seul à avoir passé ce tour. Pour finalement échouer en finale, battu par le joueur d’Hazebrouck Nicolas Fruchart.

Les autres résultats positifs pour Amiens sont principalement à noter du côté des Vétérans. Ainsi, là aussi, ce furent quatre joueurs qui atteignirent les 1/8ème de finale : Richard Dussort, Bertrand Verbauwhede, Francis Lécossois et Gilles Galland. Mais là encore, seul le dernier s’extirpa de ce niveau de la compétition pour, lui aussi, s’incliner en finale. Malgré un temps de jeu parmi les plus longs des six finales, et des manches généralement accrochées, à l’exception de la première, le joueur Amiénois n’en remporta qu’une seule, étant finalement battu 4-1.

Dans les autres catégories, le seul résultat notable est le ¼ de finale d’Eliott Detambel chez les Benjamins.

Des équipes à leur niveau

La compétition par équipe se déroule sur l’ensemble des tournois sous la forme d’un championnat. Chaque rencontre se joue en 16 manches où un joueur de chaque équipe affronte individuellement un joueur de l’équipe adverse, chacune de ces manches rapportant un point pour le match. A la fin de chaque confrontation, une victoire rapporte 4 points au championnat, un nul 2 et une défaite 1.

L’équipe 1 d’Amiens termine la journée avec deux victoires et une défaite soit 9 points et l’équipe 3 avec trois défaite, c’est-à-dire 3 points, soit l’équipe amiénoise la plus en déficit par rapport à sa moyenne de point habituelle.

L’équipe 2 que nous avons particulièrement suivi a, elle, connu un dimanche riche en émotions avec deux premières rencontres très disputées. Au point que la première se termine sur un match nul, 8-8. Puis que la deuxième se conclue par une défaite d’un rien, 9-7, qui s’est dessinée sur les deux dernières confrontations, qui avaient débuté sur le score de 7-7. Finalement, c’est contre Arras qu’ils acquirent leur seule victoire de la journée. Encore une fois, non sans mal puisque après avoir mené 8-0, les Amiénois concédèrent 4 manches, avant, finalement, d’assurer leur victoire lors de la 13ème manche.

Rendez-vous les 15, 16 et 17 mars pour voir les Amiénois tenter de renouer avec la victoire en individuel lors du prochain tournoi régional.

Morgan Chaumier

Crédits photo : Romain Gambier – Gazettesports

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