HOCKEY-SUR-GAZON : Défaite cruelle pour l'Amiens SC

Devant à la mi-temps, l’Amiens SC a finalement craqué dans les derniers instants pour céder malgré une vaillante prestation (2-1) au Stade Français.

Pourtant outsider, l’Amiens SC ouvre le score dès le premier quart temps par Mickaël Bonilla après une belle action collective (0-1). Les Amiénois subissent alors mais rentrent aux vestiaires forts de leur avance.

Après la pause, la fatigue se fait ressentir pour des Picards qui enchaînaient un second match en deux jours. Acculés par des Parisiens qui les pressent haut, ils peinent à ressortir. Le Stade Français finit logiquement par égaliser en milieu de troisième quart-temps (1-1).

L’ASC se bat alors pour accrocher le match nul et peut compter sur sa solidarité défensive et son très bon gardien. Mais c’est malheureusement à 40 seconde du terme, sur un petit corner, que craquent les hommes de Matthieu Pauchet (2-1).

Une deuxième défaite en deux matchs ce week-end qui ne devrait toutefois pas entamer le moral de l’Amiens SC, toujours en avance dans la course au maintien.

Esteban Nomine

Photo d’archives – Crédit photo : Kévin Devigne – GazetteSports

Stade Français – Amiens SC : 2-1 (0-1)

14ème journée du championnat Élite
Dimanche 31 mars, 15 heures
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HOCKEY-SUR-GAZON : Amaury Bellenger, le Samarien devenu INSEPien

HOCKEY-SUR-GAZON : Amaury Bellenger, le Samarien devenu INSEPien

A l’occasion de la treizième journée du championnat élite qui a vu la victoire des visiteurs du RC France sur la pelouse de l’Amiens SC (0-3) nous nous sommes entretenus avec Amaury Bellenger. Aujourd’hui sociétaire du club parisien, « Amau » (comme l’appellent ses proches), était de retour dans la ville qui l’a vu grandir. 

Longtemps joueur dans le club amiénois, où il a découvert très tôt le hockey-sur-gazon, Amaury a un jour troqué son polo rouge samarien contre le rayé bleu et blanc francilien. Un bleu plus foncé l’habillait déjà lors des sélections internationales (chez les jeunes dans un premier temps puis en A depuis). L’instant était donc forcément particulier pour le pensionnaire de l’INSEP, de retour pour la première fois à ses racines desquelles il a un jour fait le choix de s’écarter pour mieux grandir.

L’entretien nous a permis de revenir sur les étapes de sa jeune carrière, son quotidien actuel à Paris, son double projet mais aussi ses aspirations et objectifs pour la suite.

Bravo pour cette victoire. Déjà en quelques mots qu’as tu pensé du match ? C’est finalement une victoire logique du troisième sur le huitième du championnat ?

C’était un bon match avec pas mal de rythme en première mi-temps. L’intensité a vraiment baissé ensuite comme il y a un match demain (ndlr : aujourd’hui). On a très vite marqué, imposé notre rythme. Il y a eu plus d’espace dans la seconde partie de match, les défenses ont commencé à bien moins défendre. C’est plutôt un bon match de notre part avec Amiens qui a tout de même opposé une bonne résistance et qui était très adroit en contre-attaque.

Qu’est ce que cela fait de revenir jouer ici, et d’y marquer qui plus est ?

Alors pour moi c’était bizarre. C’était la première fois que je revenais jouer ici. Je n’avais jamais joué sur le nouveau terrain. Des amis sont venus, ma famille aussi. Il fallait faire abstraction du contexte, mon club avait besoin de gagner pour continuer à croire aux demi-finales et avoir une bonne position. C’est toujours un peu particulier mais le match s’est bien passé et j’en suis satisfait.

Amaury (numéro 24) lors de l’accueil de l’ASC au match aller.
Au moment de ton but, tu n’as pas particulièrement exprimé de joie particulière ?

Je ne suis pas un joueur de football, mais ce n’est pas très bien de célébrer devant ton club formateur. J’ai pour lui encore beaucoup d’affection. C’est mon club de cœur. C’était compliqué. Bien sûr j’étais content de marquer mais cela ne servait à rien de le montrer et encore moins sur un but qui n’était pas décisif.

L’ASC, c’est mon club de cœur

Combien de temps as-tu joué ici, quel a été le chemin que tu as emprunté ensuite ? 

J’ai joué de mes 4 à mes 18 ans ici à Amiens. Je suis parti en pôle national, j’ai quitté ma famille pour tout donner pour le hockey. Il fallait que je passe un cap. Amiens était en deuxième division. On n’avait pas réussi à monter. Même si j’en étais très triste j’ai préféré tenté le tout pour le tout. Je suis parti dans le meilleur club français qui était le RC de France. Je suis très content de mon choix. Cela fait trois ans que j’y suis. Je me suis dit que j’étais dans un processus de haut-niveau, qu’il fallait que je parte, que je quitte ma famille et que je me donne à fond alors autant jouer dans le meilleur club.

Je voulais jouer les matchs les plus intenses, cela m’a aidé à passer un cap

Alors Amiénois, face à Wattignies en 2016

C’était pour me donner toutes les chances d’intégrer l’équipe de France. Je voulais jouer dans le meilleur club pour jouer les matchs les plus intenses. Cela me permettait de jouer l’EHL (équivalent de la Ligue des Champions). Je jouais avec des joueurs de haut-niveau, parmi les meilleurs français et ils m’ont beaucoup appris. Il y avait également l’entraîneur national même s’il est parti peu après mon arrivée. Cela m’a aidé à passer un cap.

Comment s’est présentée l’occasion d’intégrer le Racing ?

J’étais en équipe de France jeune, dans ma première année à l’INSEP. Je faisais les aller-retours tous les weekends pour rentrer à Amiens et jouer. L’INSEP servait de pôle pour les jeunes français. On n’a pas réussi à monter avec Amiens. J’avais 18 ans, j’avais l’envie. L’entraîneur du Racing de l’époque m’avait appelé, j’avais vraiment envie de tenter le coup. Je côtoyais beaucoup des joueurs à l’INSEP et cela s’est fait naturellement.

Amaury (24) aux côtés d’Adrien Coffigniez (23) ayant suivi le même chemin de l’ASC au RC France
Tu es étudiant en kiné avec un aménagement, double projet, il est crucial dans ton cheminement personnel ? 

A l’INSEP il y a vraiment cette idée de « double-projet » d’autant plus que le hockey est un sport mineur. Je suis arrivé en terminale. Tout y est aménagé pour le double projet c’est vraiment la perfection. Les cours ont lieu au sein même de l’INSEP où j’ai suivi mes cours en terminale puis en première année de STAPS. En étant sportif de haut-niveau j’ai ensuite pu rentrer directement en école de kinésithérapeute sans avoir à passer un concours que je n’aurais certainement pas eu ou d’année de médecine. Je suis rentré à l’école de kiné qui est en partenariat avec l’INSEP. On m’aide vraiment dans ce double cursus, on passe nos épreuves sur des échéances aménageables, on est suivi par quelqu’un, tout est cadré.

A l’INSEP, on m’aide vraiment dans mon double-cursus

En terme d’entraînement, comment travailles-tu ? 

Jusqu’à l’an dernier, les entraînements des -21 étaient à l’INSEP du lundi au mercredi et à partir du jeudi on rentrait dans nos clubs respectifs où on jouait les matchs le weekend. Les matchs en sélections venaient se rajouter la semaine. Cette année il y a eu du changement avec la fermeture du pôle à l’INSEP (il a déménagé). J’ai eu la chance de rester là-bas, on n’est plus que quatre on s’entraîne ensemble du lundi au mercredi avec l’EDF des Seniors à Montrouge. Une partie du collectif s’entraîne à Bruxelles parce que beaucoup de joueurs jouent à l’étranger où le championnat est plus relevé. On repart ensuite dans nos clubs du jeudi au dimanche.

Au total cela représente donc combien de séances par semaine ?

Quatre à cinq entraînements de hockey plus deux à trois de physique. Cette année on a privilégié de faire moins d’entraînement et plus de qualité. On est sur sept à huits entraînements par semaine mais on fait du qualitatif. Il faut prendre en compte qu’en hockey on a jamais de pause. Soit on a la saison avec nos clubs soit on a la saison internationale qui a lieu l’été. On joue presque douze mois sur douze donc on aménage un peu notre emploi du temps.

En équipe de France lors d’une rencontre face au Canada
Comment vois-tu la suite sur le plan personnel à court et moyen terme ?

A court-terme, je suis dans un des meilleurs clubs français je m’éclate. J’ai beaucoup de chances d’être dans ce club là. Avec mes études de kiné en France ce serait un peu compliqué de partir à l’étranger mais après forcément j’envisage d’avoir mon diplôme de kiné dans trois à quatre ans puis de partir à l’étranger. Le championnats belge est un des meilleurs au monde, le championnat hollandais est lui le meilleur j’aimerai bien partir là-bas. Les joueurs y sont professionnels, c’est le hockey de haut-niveau tous les weekends.

Plus collectivement quel était l’objectif de la saison ? 

C’est compliqué, cette année c’est différent on passe par des demi-finales fin avril (matchs aller-retour chez le mieux classé) avant une finale (match unique à Saint-Germain). Nous on a très mal commencé l’année. On avait deux internationaux blessés, on a perdu beaucoup de matchs et on jouait mal. Le premier sera certainement Saint-Germain et le deuxième Montrouge donc soit on termine troisième et on jouera probablement Montrouge soit en finissant quatrième on jouera Saint-Germain. Cela ne dépend pas que de nous le quatrième est en balance avec nous (le Stade Français). Cela dépend de ses résultats.

Quelles sont les prochaines échéances prévues avec le collectif France ?

Comme je n’ai encore que 20 ans, je fais encore les stages moins de 21 ans et les stages France A. Je suis encore sur les deux collectifs. Il y a cet été deux compétitions en France A (FIH Series au Touquet : étape qualificative pour les JO 2020 / Championnats d’Europe B à Cambrai) et une en moins de 21 ans (Coupe d’Europe A, qualificative pour une Coupe du Monde). Nous on fait les deux. La semaine prochaine je pars jouer en Hollande avec les A pour affronter l’Irlande et puis la semaine suivante j’irai en Irlande avec les moins de 21. Je retournerai en Hollande la semaine suivante avec les seniors. C’est un programme assez chargé, c’est une année particulière et nous on cumule.

Propos recueillis par Vincent Guyot

Crédits Photos : Christophe Bellenger

HOCKEY-SUR-GAZON : L’Amiens SC n’avait pas les armes