FOOTBALL : Entretien avec Nolan Mbemba du Stade de Reims

Natif d’Amiens, passé par l’Amiens SC dans sa jeunesse et au LOSC pour sa formation, Nolan Mbemba fait aujourd’hui partie de l’une des équipes les plus séduisantes de la Ligue 1 : le Stade de Reims. Entretien avec un jeune joueur au parcours très intéressant.

Bonjour Nolan, pour commencer, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Nolan Mbemba, j’ai 23 ans et je suis actuellement dans ma 2ème saison au Stade de Reims.

Tu peux nous parler de ton parcours footballistique ?

J’ai commencé le football à l’âge de 8 ans à Poulainville, à côté d’Amiens. J’ai d’abord fait un an dans ce club, après l’Amiens SC m’a recruté et j’ai passé 5 saisons là-bas. Entre temps, à l’âge de 13 ans, j’ai intégré le pôle espoir de Liévin. Après ces 2 années au pôle, j’ai joué à Chantilly pour une saison et j’ai ensuite rejoint le centre de formation du LOSC.

Comment en es-tu arrivé à signer au LOSC ?

Quand j’étais à Liévin ils m’ont suivi, durant 2 saisons. Ils regardaient ce que je faisais et à l’issue de ces 2 années ils m’ont recruté. Là-bas j’ai d’abord signé un contrat aspirant durant 3 saisons, et à l’issue de cette période, j’ai signé mon premier contrat professionnel et j’ai intégré le groupe pro. Durant cette saison j’ai joué avec la CFA et j’ai ensuite été prêté à Mouscron en Belgique la saison suivante.

Mouscron était donc ta première « réelle » expérience professionnelle ?

Oui du coup c’était ma première expérience professionnelle, j’ai joué un petit peu et ça m’a permis de prendre de l’expérience et de la maturité à haut niveau. Après cela je suis revenu à Lille, j’ai passé une année avec le groupe pro, mais je n’ai fait qu’un match avec  eux et je suis finalement arrivé en fin de contrat. C’est là que j’ai rejoint le Vitória Guimarães au Portugal. 

Et comment s’est passée cette deuxième expérience hors de la France ?

Ça a été compliqué, je n’ai pas beaucoup joué là bas… Le coach ne prenait pas forcément en compte ma présence, donc il ne m’a pas fait confiance. J’ai donc passé une saison où je n’ai pas beaucoup joué et à l’issue de laquelle j’ai résilié mon contrat et j’ai signé au Stade de Reims en Ligue 2 (ndlr : 2017-2018).

C’est vraiment grâce à eux que je me suis relancé

Et ensuite, le début d’une belle aventure avec les Rémois ?

Après une blessure en première partie de saison, j’ai beaucoup plus joué durant la phase retour et ça s’est très bien passé au final. Nous sommes montés en Ligue 1 à l’issue de la saison et l’été dernier j’ai donc prolongé mon contrat qui court désormais jusqu’en 2021.

C’est donc Reims qui t’a réellement donné une chance en France ?

Oui en fait ils m’ont relancé à une période où c’était compliqué pour moi. Et c’est réellement ma première expérience en France, c’est vraiment grâce à eux que je me suis relancé.

L’objectif cette saison avec Reims ça reste le maintien, malgré vos excellentes performances ?

Ça reste le maintien évidemment, on essaye de gagner le maximum de matchs, mais ça reste le maintien. Lorsque l’on aura atteint cet objectif, si on peut aller plus haut, on ira.

Le coach a su créer de la cohésion, il a su créer un esprit familial

Qu’est ce qui fait que votre équipe fonctionne si bien selon toi ?

L’année dernière nous avions déjà été très performants et on a réussi à garder une bonne partie des joueurs qui étaient en Ligue 2. Des mecs d’expérience sont arrivés et se sont rajoutés à d’autres joueurs d’expérience qui étaient déjà là l’année dernière. Ces joueurs s’adaptent bien à nous « les jeunes » et nous on s’adapte bien à eux. Au final on s’entend tous bien et quand un groupe et un vestiaire vivent bien, ça se ressent sur le terrain. Le coach a su créer de la cohésion, il a su créer un esprit familial dans le groupe et c’est ce qui fait que nous en sommes là aujourd’hui.

Tu es aujourd’hui footballeur professionnel, que faut-il selon toi pour percer dans le monde pro ?

Pour moi il y a beaucoup de facteurs. La chance, les opportunités, il y a beaucoup de joueurs avec beaucoup de qualités mais qui n’ont jamais eu de réelles opportunités, ni la même chance que les autres. Mais il n’y a pas que ça, il faut toujours travailler et c’est aussi très important de ne jamais se relâcher. Et le mental, garder la tête haute et ne rien lâcher, l’une des choses les plus importantes dans le football c’est le mental. 

Et toi, tu aurais pu lâcher après l’expérience compliquée au Portugal par exemple ?

Je me suis toujours mobilisé, et on a parlé de chance, j’ai eu cette opportunité de pouvoir venir à Reims et ça n’est pas donné à tout le monde. Reims était pour moi une belle opportunité, j’ai su la saisir et aujourd’hui ça se passe très bien.

Et ta situation personnelle cette saison ?

Je suis dans la rotation, j’ai un peu plus joué dernièrement, j’espère pouvoir jouer un peu plus par la suite.

 
 
Sinon, tu as encore des attaches à Amiens ? Et quel est ton rapport à l’Amiens SC?

Oui, j’ai mes parents qui sont là bas; donc je reviens de temps en temps, ça fait toujours plaisir. Sinon je regarde l’ASC, déjà parce qu’ils sont dans le même championnat que nous. Comme je viens de là-bas bien sûr que je regarde toujours un peu l’équipe et j’ai même quelques amis au club.

Aurais-tu aimé percer avec l’Amiens SC ? 

C’est un club qui est quand même resté marqué en moi, on va dire que c’est un peu là-bas que j’ai démarré. Après je n’aurais pas voulu forcément percer là-bas; je l’ai fait avec le club qui m’en a donné l’opportunité. Lorsque je jouais à Amiens j’étais très jeune donc je prenais beaucoup de plaisir et je ne me concentrais pas sur le fait de devenir professionnel ou non.

Pour finir, tu te fixes des objectifs pour ta carrière ?

On a tous des objectifs, après je donne le maximum chaque jour, pour pouvoir être performant, pouvoir aller le plus loin possible. Maintenant je ne me prends pas la tête, bien sûr je regarde devant moi et j’ai des objectifs, mais on verra ce que l’avenir nous réserve.

 

Champion de Ligue 2 la saison passée, le Stade de Reims a continué sur sa lancée dans l’élite française. Aujourd’hui, après 26 journées, le club champenois est 6ème de Ligue 1, ayant déjà quasiment assuré son maintien avec 41 points. Nolan Mbemba a lui disputé 9 rencontres toutes compétitions confondues depuis le début de saison.

 
Propos recueillis par Quentin Ducrocq

Crédits photos Stade de Reims

KEVIN DA COSTA : “Comme un nouveau championnat qui démarre”

KEVIN DA COSTA : "Comme un nouveau championnat qui démarre"

À la veille de débuter les play-offs version 2019, face à Bordeaux, nous sommes allés à la rencontre de Kévin Da Costa, qui s’attend à une série très serrée face aux Boxers ! 

Kévin, on imagine que c’est toujours une satisfaction de se retrouver en play-offs ?

Oui, les play-offs c’est vraiment une récompense du travail de l’année. C’est pour cela que l’on se prépare fort dès l’été et que l’on travaille toute l’année. Après il faut aussi être présent, c’est une récompense, mais ce n’est pas une fin en soi. Il ne faut surtout pas se dire « bon il reste tant de jours avant les vacances » ou ce genre de choses. Il faut vraiment aller encore plus loin dans ses limites afin d’aller chercher quelque chose de beau.

Face à vous Bordeaux, une équipe qui vous a battu 3 fois cette saison…

Ça je m’en fou qu’ils nous aient battu, les play-offs c’est comme un nouveau championnat qui démarre. Il faut savoir passer à autre chose et ne pas rester fixé sur une défaite ou sur une victoire. C’est tout qui recommence, tout est remis à zéro, donc j’aborde cela comme les play-offs que j’ai déjà fait, en me disant qu’il faut aller de l’avant.

Ces Boxers ont une très bonne assise défensive…

Oui, c’est une équipe qui est vraiment très bien dans son système. Ils jouent beaucoup à 3 derrière donc il y a très peu de rush. Ça va être des matchs avec peu de buts je pense, de notre côté il faut que l’on arrive à être plus rigoureux sur le système, et là on l’a moins été sur le dernier match. Dans tous les cas je pense que ça peut faire une belle série contre eux. 

Quelle peut être la clé de ce quart de finale selon toi ? 

Pour moi la clé ça sera plutôt la défense, de toute façon on dit toujours que l’attaque part de la défense. Dans les play-offs c’est toujours la défense qui prime, ce n’est pas une attaque folle qui va te faire gagner un championnat. Donc je pense qu’il va falloir être très solide, très regroupé, proches les uns des autres, et de là on pourrait créer de l’offensive.

Propos recueillis par Quentin Ducrocq

Crédits photos Leandre Leber

FOOT US : Brigitte Schleifer – “Le football américain se porte bien en France”